Dimanche 14 février 2010
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Les habitants de
Port-au-Prince se sont recueillis vendredi dans les églises, la rue ou les camps de sans-abri, en mémoire des 217.000 personnes tuées il y a juste un mois par le séisme qui a dévasté Haïti, un
pays "qui ne périra pas", selon son président René Préval.
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Pour cette journée nationale de deuil, la population haïtienne était invitée par
le gouvernement à revêtir des vêtements blancs et à se rendre dès 6H00 du matin aux multiples cérémonies organisées dans les églises, les campements et même au milieu des rues barrées pour
l'occasion.
Fait rare depuis le séisme, le président haïtien René Préval a pris la parole en
public. Entouré de son épouse Elizabeth et du Premier ministre Jean-Max Bellerive, il a assisté à une cérémonie religieuse à l'université Notre Dame de la capitale. L'évènement était retransmis à
la télévision.
"Haïti ne périra pas, Haïti ne doit pas périr. Je
n'ai pas de mot pour parler de cette douleur immense. C'est dans votre courage que nous trouvons la force de continuer", a déclaré M. Préval.
Intervenant à la fin de la cérémonie, en chemise blanche, portant un brassard
noir, le chef de l'Etat s'est présenté avec un ton grave comme un simple citoyen pour s'adresser à ses concitoyens, les invitant à "essuyer (leurs) larmes pour
rebâtir Haïti".
Au Champ-de-Mars, le plus grand camp de sans-abri au coeur de la capitale, des
dizaines de milliers de personnes, revêtues d'au moins un élément d'un blanc impeccable malgré les pénibles conditions de survie, ont assisté en pleurant à une autre
cérémonie.
La plupart des femmes portaient un foulard immaculé noué autour de la
tête.
"Toutes les religions d'Haïti, les vaudous, les
catholiques, les baptistes, les protestants, on est tous réunis ici pour prier", Haïti n'ayant plus pour "richesse" que "l'esprit de l'Eternel", déclamait un prêcheur sur une scène.
"Le peuple haïtien sera pauvre" d'un point
de vue matériel, "mais le plus riche du monde en grâce et spirituellement", a-t-il ajouté.
Des militaires américains organisaient la sécurité autour de la
cérémonie.
Dans les rues de la capitale haïtienne dévastée par le séisme, des gens de tous
âges affluaient par centaines, à pied, en bus ou en taxis collectifs, vers les points de rendez-vous, la mine grave, au milieu des clameurs.
Dans cette atmosphère de recueillement, la seule activité visible restait les
distributions de nourriture. Des maris habillés de frais attendaient que leurs femmes rapportent des sacs de riz. Un mois après "la catastrophe", les besoins
étaient encore criants: "nous n'avons même pas d'eau", a dit Carline Nazaire, 27 ans.
Les agences spécialisées de l'ONU ont indiqué vendredi à Rome que 2,5 millions de
personnes avaient été nourries en Haïti depuis un mois dans le cadre de l'aide alimentaire mais que la relance de l'agriculture était encore largement sous-financée.
"Au moment où Haïti fait face à une grave crise
alimentaire, nous sommes préoccupés par l'absence de soutien à l'agriculture", a déclaré Jacques Diouf, directeur général de l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO).
En matière de sécurité, la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti
(Minustah) a annoncé qu'elle devait "reprendre à zéro le travail qu'elle avait accompli ces trois dernières années pour faire face aux gangs en Haïti", en
raison de l'évasion de prisonniers dangereux après le séisme.
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